Le blog du chanteur Steelcox

Echangez avec Steelcox

Steelcox – Rencontre Hadopi Musique


Steelcox – Rencontre Hadopi Musique
Quels modèles économiques et quelles perspectives pour la filière ?

 

 

 

 

Le 24 janvier 2012, Steelcox était invité à la « Rencontre Hadopi Musique » qui s’est tenue à l’espace Kiron à Paris

Les différents intervenants présents à cette rencontre étaient :

Bruno Boutleux, Directeur Général de l’Adami
Axel Dauchez, Directeur général de Deezer
Jean-Christophe de Launay, Président de Beezik
Jean-Baptiste Gourdin
Catherine Kerr-Vignale, membre du Directoire Sacem
Denis Ladegaillerie, Président du Snep
Laurence le Ny, Directrice Musique et Spectacle Vivant Orange
Eric Petretto, Président du CD1D
Yves Riesel, Co-fondateur et Président de Qobuz
Jérôme Roger, Directeur général de l’UPFI
Jacques Toubon, Membre du Collège de l’Hadopi
Christophe Waignier, Missionné sur les 13 engagements pour la musique en ligne
Jean-Sébastien Zanchi, Journaliste spécialisé dans les nouvelles technologies, bloggeur
Et Philippe Astor, Modérateur

Cette rencontre avait pour thème « La Musique à l’ère numérique, quels modèles économiques et quelles perspectives pour la filière ? »

Voici les informations collectées par Steelcox :

Le numérique représente actuellement 32% des revenus des producteurs et l’on constate 1 million de consommateurs de plus en ligne. Les plateformes de téléchargement semblent vouloir défendre les petits labels.

A ce jour, la répartition de la consommation de musique est de 80% en physique et de 20% en numérique. On pense qu’une inversion de cette répartition apparaîtra dans les 5 années à venir.

Le numérique en voie de compensation du marché physique.

Le marché mondial de gros de la musique enregistrée a affiché un recul constant au cours des dernières années pour atteindre une diminution de 37% entre 2002 et 2010.

Après les baisses record de 2003 et 2004, le rythme des pertes annuelles s’est ralenti ces dernières années pour atteindre 1,7 milliards de dollars en 2008 et 1 milliard de dollars en 2010 selon l’IFPI.

Le marché numérique a représenté 29% en 2010 soit 4 points de plus que les 25% enregistrés en 2009. Son chiffre d’affaires a progressé de 6% depuis 2009 et s’élève à 4,7 milliards de dollars en 2010.

En France selon le SNEP, le marché de gros de la musique enregistrée a représenté, en 2010, 554,4 millions d’euros, contre 589,3 millions d’euros en 2009, soit un recul de 5,9%. La tendance se confirme au premier semestre 2011 avec une diminution de 5,7% par rapport au premier semestre 2010.

Ce recul global du marché s’explique notamment par le repli du marché physique (-8,9% pour atteindre 466,3 millions d’euros en 2010) ; tandis que le marché numérique affiche une progression de 14,1% en 2010 par rapport à 2009 pour représenter 88,1 millions d’euros.

Cette tendance du marché numérique à croître se confirme depuis plusieurs années. Ainsi les ventes numériques ont progressé en France de 58% entre 2007 et 2010 selon l’IFPI.

Ce dynamisme, qui s’est confirmé en 2009 – 2010, a permis à la France d’obtenir l’un des meilleurs taux de substitution du physique par le numérique (derrière la Suède) au niveau mondial.

Les données publiées par le SNEP pour les 9 premiers mois de l’année 2011 illustrent cette même tendance. Si le chiffre d’affaires des ventes physiques sur le marché de gros est en baisse, celui des ventes numériques progresse de 14,6% passant de 64,5 à 79,1 millions d’euros. Au premier semestre déjà la France présentait un taux de croissance du numérique supérieur à celui constaté dans les grands marchés comparables.

En France, entre 2010 et 2011, on observe ainsi une évolution dans la structure des ventes numériques. Les abonnements et le streaming financé par la publicité voient leurs revenus augmenter selon le SNEP.


Du tout gratuit au tout payant

Le nombre de plateformes musicales disponibles en France s’élevait en 2010 à plus de 150. Ces derniers mois ont été marqués par l’émergence de types d’offres et de modèles économiques de plus en plus variés. On distingue aujourd’hui 3 grands modèles économiques :

Le modèle tout payant : iTunes d’Apple en est un exemple. La rémunération se fait sur la vente de titres et d’albums complets en téléchargement.

Le modèle tout gratuit : Beezik par exemple propose le téléchargement gratuit de musique. En contrepartie, l’internaute doit visionner une publicité qu’il aura préalablement sélectionnée. Les revenus du site sont générés par la publicité avec un système de coût par clic.

Le modèle « Freemium » (gratuit/abonnement) : on peut citer les exemples de Spotify et Deezer. Ces deux plateformes proposent de la musique en streaming gratuite, avec une contrainte de publicité sonore et/ou visuelle ainsi qu’une limitation d’écoute (5 heures par mois maximum pour Deezer par exemple). Deezer comme Spotify proposent ainsi une formule d’abonnement dite « premium » qui permet à l’utilisateur, pour 9,99 euros par mois, de bénéficier d’une écoute illimitée sans publicité, d’un son de meilleure qualité, d’un accès à la plateforme sur son mobile et d’un service sur son ordinateur en mode offline. Les revenus sont générés par la publicité et par les formules d’abonnement.

La variété de l’offre se traduit par un niveau de satisfaction élevé des internautes. 90% d’entre eux plébiscitent la facilité d’utilisation, 86% la disponibilité des titres, 87% la qualité audio et 74% jugent le rapport qualité/prix satisfaisant.

Les plateformes musicales se distinguent de plus par les différentes modalités d’accès aux titres :

–       Streaming (à la demande, playlists, flux radio ou smart radio) vs téléchargement provisoire (mode offline) ou définitif.

–       Accès sur ordinateur et/ou sur d’autres terminaux (mobile, tablettes, baladeurs, télévisions, etc. ).

–       Accès via des applications ou des services en ligne.

Selon le rapport de l’Observatoire de la musique numérique du premier semestre 2011, les premiers six mois de 2011 ont été marqués par l’essor rapide du modèle du streaming. 45% des éditeurs de sites étudiés dans ce rapport proposent du streaming à la demande, soit 9 points de plus en 6 mois, et 42% du streaming de playlists (+13 points en 6 mois). Le téléchargement reste le modèle prédominant (59% des sites selon l’Observatoire) mais progresse moins vite (+3 points en 6 mois).

Les offres proposent par ailleurs une intégration plus ou moins poussée au service d’autres acteurs du numérique, qui peut passer par :

–       des passerelles vers les réseaux sociaux (Partenariat Facebook / Spotify par exemple)

–       des stratégies de distribution via des tiers (Off.tv sur SFR / Neufbox, Deezer / Orange, etc.)

–       des partenariats entre plateformes pour compléter leurs offres respectives (tel que Spotify / 7Digital par exemple).

 

Une offre étoffée et innovante

L’offre dans son ensemble permet l’accès à des répertoires qualitatifs et variés. Les géants mondiaux se positionnent en généralistes avec des catalogues comprenant des millions de références, couvrant la plupart des genres musicaux (comme par exemple iTunes et ses 20 millions de titres) et permettant à l’utilisateur d’accéder à une offre très diversifiée au sein d’une même plateforme.

D’autres éditeurs font le choix de la spécialisation. Certains s’appuient sur des répertoires de niche destinés à un public restreint (tels que Gkoot electronic ou MyClubbingStore notamment) ou sur un catalogue de musiques libres (c’est le cas par exemple de Jamendo ou Altermusique). D’autres parient sur la qualité sonore offerte aux utilisateurs comme Qobuz qui propose ses titres avec une vraie qualité CD (format faiblement compressé), en complément de la qualité standard (au format MP3). Enfin, certains éditeurs initient de nouveaux usages en proposant des façons différentes de découvrir la musique (Musicovery par exemple).

Le numérique a aussi permis de diversifier les sources de financement des artistes. Se développe en particulier le modèle de la coproduction faisant participer les internautes. Celui-ci permet aux internautes de découvrir des nouveaux talents non produits par des maisons de disques et de financer la production de leur projet. Nombre de sites spécialisés se sont lancés sur ce créneau (tels que MyMajorCompany. Kiss Kiss Bank Bank, etc.).

Certains de ces sites ont même pu étendre leur marché à d’autres types de biens culturels (par exemple MyMajorCompany est aussi présent dans la production participative de livres et de BDs)

Toutefois, la production participative ne semble envisageable que dans certaines limites (de montants notamment), et ne paraît donc pas constituer à ce jour un plein circuit alternatif pour le financement de la production musicale.

La musique en ligne s’impose dans les pratiques des internautes

L’étude Hadopi-GFK conduite en septembre 2011 confirme l’intérêt des internautes pour la musique numérique. Ainsi, 68% des internautes déclarent consommer de la musique en ligne au moins une fois par semaine. Parmi eux, 41% payent pour accéder à des contenus musicaux en ligne et 98% consomment de la musique gratuite, illustrant une mixité des pratiques payantes / gratuites. 98% des consommateurs de musique en ligne le font via le streaming et 52% en téléchargement.

Selon l’étude Hadopi-GFK, l’ordinateur reste le terminal privilégié pour écouter et/ou visionner de la musique sur Internet (32% des interviewés utilisent l’ordinateur portable ou le mini-PC comme terminal principal pour écouter de la musique téléchargée et 11% l’ordinateur fixe. Pour le streaming l’ordinateur fixe est le principal support d’écoute avec 45%, tout juste devant les ordinateurs portables ou mini-PC avec 44%). Toutefois, ces pratiques d’écoute et de visionnage en mobilité (MP3, MP4 et téléphone portable en particulier) se développent largement en parallèle, allant jusqu’à concerner un internaute de l’échantillon sur deux pour l’écoute de la musique téléchargée.

Cette préférence pour l’ordinateur dans la consommation de musique numérique se vérifie à l’échelle mondiale et s’expliquerait notamment par l’importance de la consommation de vidéomusiques : selon Nielsen Music, à la fin 2010, 57% des internautes dans le monde regardent des clips musicaux en ligne. La consommation sur mobile se développe également à l’échelle internationale : 23% des internautes regardent des clips sur ce support et 21% l’utilisent pour streamer de la musique.

Concernant les modèles d’accès aux contenus, les internautes étaient invités à s’exprimer sur leurs pratiques d’achat de musique en ligne (notamment achat à l’acte ou par abonnement) dans le cadre d’un appel à contribution lancé par les labs Hadopi. La majorité des participants est favorable au principe de l’abonnement payant / gratuit. Les répondants déclarent en effet apprécier ces modèles pour la praticité qu’ils offrent dans l’accès aux contenus de façon immédiate et à plus long terme, ainsi que leur capacité à faire découvrir de nouveaux talents. Les internautes soulignent par ailleurs leur intérêt pour les modèles alternatifs s’appuyant sur le crowdfunding ou mécénat collectif.

Selon Steelcox : 

Au seuil de cette mutation, les plateformes se déclarent actuellement déficitaires et, pour la France, la Sacem, de son côté, ne peut répartir de droits d’auteur à ses ayants droits en raison de frais de gestion démesurés par rapport aux centimes d’euros à répartir pour le  numérique dans le cadre d’une gestion titre par titre.

Je remercie Catherine Kerr-Vignale, membre du Directoire Sacem et Bruno Boutleux, Directeur Général de l’Adami, qui tous deux n’ont pas oublié d’évoquer publiquement les difficultés des artistes créateurs qui ne reçoivent que des rémunérations dérisoires quand ils les reçoivent, pour l’exploitation numérique de leurs oeuvres sur les différentes plateformes numériques. Ces déclarations appellent à une instauration efficace et équitable d’un meilleur partage de la valeur.

A suivre …

www.steelcox.com

Je visite la boutique

 


Steelcox – Coxynewsletter de septembre 2011


Steelcox

 

Pour celles et ceux qui s’intéressent à l’actualité de Steelcox, voici le lien vers la CoxyNewsletter de septembre 2011.

La plupart des articles sont traduits en anglais à l’attention des fans anglophones :

http://www.steelcox.com/Coxynewsletter/septembre2011/index.html

Si vous souhaitez recevoir gratuitement la NEWSLETTER mensuelle de Steelcox appelée COXYNEWSLETTER, il vous suffit de :

CLIQUER ICI

If you want to receive monthly the CoxyNewsletter of Steelcox both in French and English, you can register here :

CLICK HERE

A très bientôt,

Steelcox

www.steelcox.com

Je visite la boutique